Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre


Recherche

16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 16:34

sarkojogging-copie-1.gif

 

C’est parce que la Sécurité sociale a un besoin éperdu de ressources supplémentaires que le nouveau pouvoir a lancé - bien imprudemment, car il n’aura fait que souligner l’urgence d’une vraie rupture - le débat sur la création d’une TVA sociale. Il ne s’agit en réalité de rien d’autre que de taxer davantage la consommation.

Concernant les baisses de prix qui pourraient résulter d’une diminution des cotisations sociales patronales, elles sont d’autant plus improbables que les entreprises françaises en ont déjà préempté le bénéfice afin d’améliorer leur taux de marge, qui en a effectivement besoin, comme l’a déclaré au Figaro la présidente du Medef, Mme Parisot. Quant aux produits importés, qui représentent plus de 40 % de la consommation en France, leurs prix de production n’auront évidemment aucune raison de baisser tandis que leurs prix de vente seront augmentés du montant de la TVA supplémentaire. Le résultat de cette mirobolante opération sera une forte hausse des prix entraînant une baisse de la consommation, qui est actuellement le seul facteur de croissance de l’économie française. Le tout pour donner quelques bouffées d’oxygène à une Sécurité sociale moribonde qui entraîne notre pays vers l’abîme.

On peut ajouter que la baisse des cotisations sociales patronales est un véritable hold-up sur les salaires. On oublie trop qu’il n’y a pas en réalité de « cotisations patronales ». Celles-ci ne sont que des éléments du salaire, prélevés par l’entreprise au profit des organismes sociaux et constituant un « salaire différé », versé ultérieurement sous forme de prestations de maladie et de vieillesse. Et c’est là qu’éclate une vérité qu’on veut à toute force dissimuler aux salariés français. Ils sont en réalité très convenablement payés, puisque leur rémunération se compose non seulement de leur salaire, mais aussi de ce qu’on leur prélève à titre personnel et patronal. Si leur salaire net est aujourd’hui si faible, c’est parce qu’on les force à acheter à prix d’or une protection sociale qu’ils pourraient acquérir pour bien moins cher aux prix du marché, ce qui accroîtrait fortement leur pouvoir d’achat et leur capacité d’épargne. Et pour les persuader qu’ils font ainsi une bonne affaire, on leur martèle l’antienne selon laquelle nous avons un système social « que le monde entier nous envie » !

L’Etat, en France, pèse environ 300 milliards d’euros. Dont près de la moitié est consacrée aux salaires et aux retraites des fonctionnaires. Autant dire que les marges de manœuvre sont réduites car il faudra des années pour obtenir les économies qui résulteraient d’une réduction du nombre des salariés de l’Etat. La protection sociale pèse, elle, 500 milliards d’euros. Et on peut obtenir des résultats immédiats et très substantiels en la rendant concurrentielle, comme le stipulent les lois votées mais non appliquées qui ont transposé les directives européennes sur l’assurance.

Avant de devenir président de la République, M. Sarkozy s’était engagé à les appliquer. Il ne lui reste plus qu’à le faire. Il n’a d’ailleurs le choix qu’entre cette solution et l’effondrement rapide de son pouvoir. Car la France ne lui pardonnera pas d’avoir, à juste titre, plaidé pour la valeur du travail et d’en laisser confisquer les fruits par le minotaure social, dont l’appétit de chair fraîche ne s’apaisera que par le glaive de Thésée.

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

Partager cet article

Repost 0
Published by Gil Albert Li - dans Opinion-Actualité
commenter cet article

commentaires

Clay Rambar 18/06/2007 19:39

Un vieux proverbe hébreux dit :
« La sangsue a deux filles: Donne! donne! ».

Clay Rambar 18/06/2007 19:37

Un vieux proverbe hébreux dit :
« La sangsue a deux filles: Donne! donne! ».

kkkk 16/06/2007 22:26

NON A LA CHIENLIT !

Je suis fermement persuadé que les ânes, quand ils s'insultent entre eux, n'ont pas de plus sanglante injure que de s'appeler hommes.(Heinrich Heine)

g鲡rd Pince 16/06/2007 17:43

Excellent article de Claude et qui devrait ètre repris par les grands médias. J'attire votre attention sur la phrase suivante: "On peut ajouter que la baisse des cotisations sociales patronales est un véritable hold-up sur les salaires. On oublie trop qu’il n’y a pas en réalité de « cotisations patronales ». Celles-ci ne sont que des éléments du salaire, prélevés par l’entreprise au profit des organismes sociaux et constituant un « salaire différé », versé ultérieurement sous forme de prestations de maladie et de vieillesse".
Ce point fondamental est complètement occulté par les commentateurs.
Gérard Pince

Nicolas 16/06/2007 17:25

Au regard des premières mesures prises par le gouvernement, Sarkozy se révèle d'emblée comme un élève modèle de son mentor qui ne lui aurait pas lâché la bride sans de solides conditions. Reconnaissons lui au moins le mérite de la fidélité aux "grands idéaux républicains". D'ailleurs il n'a rien eu de mieux à faire que de s'entourer de membres éminents de l'équipe rivale auquelle il ne manque pas une occasion de rappeler sa sympathie pour la cause socialiste. On se prendrait à se demander pourquoi ils n'ont pas fait liste commune aux législatives...Gageons que la désillusion de l'électorat sera rapide et d'autant plus violente qu'auront été grandes les espérances placées dans cette fameuse "rupture" qui s'avère aussi vaine que "la fracture sociale" vendue par Chirac aux Français en 1995. Mais qu'attendre de mieux de la part d'un "faisan" de la politique qui doit toute sa carrière à son allégeance inconditionnelle aux caciques du système? Il convient donc de s'attendre au pire.

Articles Récents

Liens