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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 19:11

Claude Reichman a repris son rythme de croisière : aujourd'hui c'est le Professeur Christian Cabrol qui nous fait l'honneur de participer à une émission.


Cliquez évidemment ici :
http://www.reichmantv.com

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Published by Gil Albert Li - dans REICHMANTV
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Lautréaval 27/11/2007 08:07

Je recommande la lecture du livre de M. Cabrol "De tout coeur" paru en mars 2006 aux éditions Odile Jacob. Ce livre résume toute la vie de M. Cabrol.
Il avait deux amis - ils sont morts tous les deux - l'un s'est fait voler sa première mondiale par le second. Le premier va prendre sa revanche en réalisant une autre première mondiale. M. Cabrol ne sera que le premier en Europe, mais champion d'Europe, c'est déjà bien. M. Cabrol avait pourtant l'étoffe d'un champion de monde. Dommage !
M. Cabrol nous rappelle qu'il est un excellent technicien de la chirurgie cardiaque en nous distillant un cours d'anatomie.
Puis la moitié de son livre est consacrée à ses démarches pour créer l'institut du coeur. Le lecteur y apprend comment M. Cabrol est entré en politique. Le premier ministre, Jacques Chirac, a besoin de sa popularité pour devenir Président. M. Cabrol obéit et s'inscrit au comité de soutien du futur Président. Mais cela ne lui donne pas son Institut. Alors M. Cabrol va voir la gauche, il rencontre un autre Président. Mais rien pour l'institut parce qu'il a fait croire à Ségolène Royal qu'il était de gauche. Donc non. La popularité de M. Cabrol, tous les politiques la recherchent. M. Cabrol s'est donc fait berner par les politiques, il obtiendra son institut grâce à Mireille Darc qu'il opéra en 1980 à cœur ouvert et qu'il sauva ainsi de la mort. Illustration du contre don dont parle Mauss.
Cette longue narration est pitoyable : le mandarin n'a plus la même aura.
Dans un raccourci saisissant, il nous raconte la genèse de la loi Caillavet : " le sénateur Caillavet, grand humaniste, considérant que tous les Français étaient généreux, les déclara par principe tous donneurs potentiels.
« Mais, lui fit-on remarquer, si certains ne désirent pas donner ?
— Ah ! admit-il, nous sommes en République, donc chacun est libre de ses choix. »
Aussi, ceux qui ne veulent pas être donneurs ont le droit de refuser. Mais ils doivent le faire savoir, sinon c'est qu'ils sont d'accord, selon l'adage populaire « qui ne dit mot consent ».
C'est le consentement présumé qui fit d'ailleurs couler beaucoup d'encre et de salive.
« Mais, monsieur le Sénateur, insista-t-on, bien entendu nul n'est censé ignorer la loi, mais nombre de nos concitoyens ne la connaissent pas et ne pensent pas à exprimer leur voeu à ce sujet. On ne peut donc pas brutalement déclarer à la famille du défunt que, puisque de son vivant ce dernier ne s'est pas opposé au don, on est autorisé à prélever ses organes.
— Eh bien ! dans ce cas, trancha le sénateur, on devra solliciter non pas l'autorisation, mais le témoignage de la famille sur un éventuel refus du défunt dont elle
aurait connaissance. »
Ce sont les termes mêmes de la loi de Bioéthique à une variante près, à savoir la possibilité pour chacun de s'inscrire s'il le veut sur un registre national des refus qui doit être obligatoirement consulté avant tout prélèvement d'organes."
Là, on aurait aimé que le professeur se montre à la hauteur. Il manque quelques faits importants. Le parlementaire Cabrol sait parfaitement que la loi Caillavet ne
se réduit pas à ces quelques lignes. M. Cabrol passe de la loi Caillavet aux lois dites de bioéthique trop rapidement. Il oublie qu'il fut Président de l'association France-Transplant. Il néglige de nous expliquer que par manque de transparence l'état créa à la place de France-Transplant "le Comité de Transparence", puis "L'Etablissement français des greffes", devenu "l'Agence de biomédecine".
Quand le docteur Cabrol s'exprime sur la mort, cela donne des frissons. " On ne peut pas prélever après une mort de maladie ou de vieillesse : les organes sont
épuisés. Il est nécessaire de trouver un cœur sain, vigoureux, battant. Un coeur battant après la mort, cela paraît impossible. Sauf dans certaines circonstances où un seul des organes vitaux est détruit : le cerveau. C'est ainsi qu'en 1959, deux médecins réanimateurs français, Pierre Mollaret et Maurice Goulon, avaient
signalé qu'à la suite de certains traumatismes crâniens très graves, la rupture d'un vaisseau dans le crâne ou encore un suicide d'une balle dans la tête, le cerveau subit des lésions irréversibles qui vont entraîner la mort sans, paradoxalement, que tous les autres organes cessent immédiatement de fonctionner. Dans ces cas, si l'on applique la respiration artificielle mécanique utilisée en anesthésie, celle-ci supplée aux muscles respiratoires paralysés par la mort du cerveau. Le coeur animé par son propre mécanisme continue de battre et pousse le sang dans les poumons. Grâce à la respiration difficile, le sang s'oxygène et la circulation
sanguine assure ainsi le passage d'un sang oxygéné dans tous les organes du corps. Sauf dans le cerveau, car les lésions cérébrales entraînent un œdème, c'est-à-dire une accumulation liquidienne dans le cerveau qui augmente son volume. Comme il est dans une boîte crânienne inextensible, aucune goutte de sang ne peut ni entrer ni sortir. Ainsi le cerveau est détruit et les organes continuent à fonctionner. Seulement pendant quelques heures, car un cerveau détruit ne peut plus diriger les mécanismes les plus intimes de l'organisme, telle la production des matériaux nutritifs, de sorte que les organes, peu à peu privés de ces
matériaux indispensables pour leur survie, se détériorent et cessent de fonctionner. Mais ces quelques heures après la mort du cerveau, "la mort cérébrale", où les organes fonctionnent encore, sont très précieuses car ce sont les seules où l'on peut prélever des organes pour les greffes sans priver le donneur d'une seconde de vie."
Le docteur Cabrol établit la décérébration ou le coma dépassé ou la mort cérébrale comme étant la mort. Il poursuit :
"En France des organes avaient déjà été prélevés pendant cet état de mort cérébrale. En 1958, à l'hôpital Foch, René Kuss avait obtenu l'accord de l'administration et des familles pour prélever les reins de personnes en mort cérébrale. En général il avait attendu l'arrêt du coeur."
Donc ces prélèvements se sont faits avec le consentement explicite des familles soit à coeur battant soit à coeur non battant.
Continuons : "En 1964, Jean Hamburger put prélever un rein sur une personne décédée de mort cérébrale, mais dont le coeur battait encore. Ces quelques
prélèvements faits à coeur battant n'intéressait cependant jamais le coeur lui-même. Pour régulariser les prélèvements dans ces conditions, François d'Allaines, pionnier de la chirurgie cardiaque en France, pose en 1966 à la plus haute autorité médicale de France, l'Académie de médecine, d'après une proposition de
l'ordre des médecins, deux questions. La première : peut-on considérer la mort cérébrale comme la mort légale, c'est-à-dire celle qui permet d'établir un certificat
de décès ? En effet grâce aux progrès de la réanimation, il est difficile de se fonder sur les anciens critères de la mort. L'arrêt respiratoire, grâce à la respiration
artificielle, n'autorise plus cette conclusion. L'arrêt cardiaque non plus car on sait y remédier par un massage cardiaque. Seule la destruction du cerveau permet à
un médecin de certifier la mort. Seconde question : dans cet état de mort cérébrale, peut-on prélever des organes encore fonctionnels en vue d'une greffe ?"
L'Académie de médecine finira par donner son accord.
Donc depuis 1966, la mort cérébrale est la mort. L'Académie de médecine rejette les anciens critères : plus question d'arrêt respiratoire, ni d'arrêt cardiaque.
Le sénateur Caillavet, dix ans plus tard, fera passer une loi qui dispense les médecins de demander l'accord de la famille. Tout est au mieux dans le meilleur des mondes!
Pourtant M. Cabrol nous rebat les oreilles avec la pénurie de greffons. Comment est-ce possible ? Les médecins ont tout l'arsenal juridique en leur faveur pour se
fournir en organes sur les morts.
On aimerait entendre M. Cabrol, désormais membre de l'Académie de médecine , s'exprimer sur le décret n° 2005-949 du 2 août 2005 article 1, paru au Journal Officiel du 6 août 2005, décret qui autorise le prélèvement d'organes en utilisant le consentement présumé de M. Caillavet sur des donneurs à coeur arrêté.
M. Cabrol, dans son livre " "De tout coeur", nous explique que l'arrêt cardiaque n'est plus un critère de la mort depuis 1966. Que sont devenus les travaux de Pierre Mollaret et Maurice Goulon ?
Il me semble que les Français souhaitent une explication sur ces contradictions. Le gouvernement français a des instances pour informer le public. Pourquoi
l'Agence de biomédecine ne communique-t-elle pas sur cette question éthique ?

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