François, il m'a fait peur quand il a dit que la France était en faillite. Je me dis qu'il faut se dépêcher de ramasser du pognon pendant qu'il y en a encore, surtout que j'ai la
pension de Cécilia à payer maintenant. Alors j'ai demandé une augmentation. Fadela va peut-être dire que c'est dégueulasse mais tant pis. François m'a dit que ce n'est qu'un détail de toute façon
et augmentation ou pas de mon salaire, ça n'empêchera pas la faillite. Il ne pense vraiment qu'à ça ! C'est pas des choses à dire quand même... Car c'est bien joli de lancer des mots comme ça
mais les Français vont demander des actes forts après. On les a eu avec la loi sur le service minimum ou les tests ADN où ils croient qu'on est drôlement ferme mais ça marchera peut-être pas à
tous les coups. Ca risque de mal finir cette histoire là...
(Je vous propose une nouvelle catégorie intitulée « Histoires d’un petit président » qui en est le narrateur. Il ne s’agit pas de se moquer de notre président qui serait petit par
la taille, mais de rire et de dénoncer un président qui n’apparaît pas à la hauteur des espérances qui l’ont fait élire.)
Ce soir, on a fait la fête à l’Elysée car j’ai gagné les élections. C’est Jean-Louis qui a remonté de la cave les quelques bouteilles qu’avait laissé l’ancien propriétaire des
lieux. Moi je n’aime pas beaucoup l’alcool. Je préfère le pouvoir. Le pouvoir, ça ne se boit pas, ça se dévore et moi j’ai un appétit terrible. L’ennui, c’est que quand on a le pouvoir, les
gens attendent beaucoup de nous et nous demandent de faire des tas de choses. Avec l’alcool aussi, on fait des tas de choses et des fois on fait des conneries. Avec le pouvoir, on peut aussi
faire des conneries mais les gens ne le voient pas toujours ou alors c’est trop tard et ils nous ont déjà resservi. Ce soir, les gens nous ont plutôt tous bien resservi sauf Alain qui
n’était pas très content même si maintenant il peut se déplacer en voiture (mais sans boire avant, évidemment) puisqu’il n’est plus ministre de l’écologie. Pauvre Alain : ni alcool, ni
pouvoir. Moi ça va, je suis toujours président et je peux continuer mes bêtises à cause de l’état de grâce et grâce à l’Etat…
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