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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 09:54
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On n’a jamais vu, sous la Ve République, un président perdre pied aussi vite. Neuf mois se sont écoulés depuis l’élection du 6 mai 2007 et Nicolas Sarkozy, en chute libre dans les sondages, ne sait déjà plus à quelle branche se raccrocher.

Ne seront surpris que ceux qui ne connaissaient pas le personnage. Un bon connaisseur l’avait dit à quelques semaines du premier tour : « Si les Français savaient qui il est, il ne pourrait jamais être élu président de la République. » Le mot est de Dominique de Villepin, qu’on peut évidemment suspecter de partialité. Mais ce jugement était également celui de beaucoup de spécialistes du monde politique. Et aussi de beaucoup de Français lucides qui n’ont voté Sarkozy qu’à défaut d’un autre candidat plus convaincant et par rejet de Ségolène Royal.

Toute la carrière de Nicolas Sarkozy s’est faite sur fond d’arrivisme, d’absence de scrupules et de propension à trahir. Ses convictions sont un peu plus solides : il est plutôt libéral tout en ne rejetant pas toute forme d’étatisme et de dirigisme. Mais sa réflexion n’est jamais allée au-delà de ce positionnement sommaire. En particulier il n’a jamais tenté de déterminer et de mettre en forme les mesures concrètes à prendre pour faire sortir la France du corset collectiviste et administratif qui l’étrangle. C’est la raison fondamentale de son actuel échec.

Sa campagne présidentielle s’est déroulée sur le thème de la rupture. Une majorité d’électeurs a compris que c’est avec les règlements, les charges et les impôts qu’il s’agissait de rompre. Rien de tel ne s’est fait depuis neuf mois, et les Français sont de plus en plus nombreux à penser que rien de tel ne se fera. Ils ont évidemment raison si l’on veut bien admettre que Sarkozy n’a jamais été que le candidat du système, chargé de le rendre un peu moins inacceptable mais sans en modifier la structure. Une entreprise gorbatchévienne, avions-nous dit dès que sa candidature avait pris forme. Rien n’indique que nous nous soyons trompés.

Sont venues s’ajouter à cette déception fondamentale de l’opinion une vie privée où le mauvais goût le dispute à l’ostentation et au dérèglement et, cerise sur le gâteau, des pratiques de Bas-Empire, comme on vient de le voir à Neuilly, où le favori de l’impératrice déchue périt sous le poignard du fils d’un premier lit de l’empereur. Il faudrait un Racine pour en faire une tragédie, mais il ne s’agit que des mœurs publiques dépravées d’un régime agonisant.

Pour la France, cette situation est grave. Le pays a compris que les politiciens au pouvoir n’ont pas plus de solutions à proposer que les opposants du système. Du désenchantement, ils vont bientôt passer à la colère, puis à la recherche d’hommes et de femmes capables de tirer la France de l’ornière et dignes de cette mission de très haute responsabilité. En somme, il va s’agir de faire ce que toutes les révolutions accomplissent : le remplacement d’une caste faillie par une nouvelle élite.

Cette recherche peut prendre du temps et s’accompagner de redoutables soubresauts, mais les peuples ne peuvent pas mourir et ils finissent toujours par se doter de dirigeants dignes de ce nom. Formons un souhait : que cette chute aux enfers de la gouvernance français s’accomplisse sans tarder. Plus tôt commencera le redressement, moins il sera long et difficile !

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 19:44
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Bonne année quand même !

P.S : Claude Reichman nous présente ses voeux sur
REICHMANTV.
(Je ne parviens plus à publier des vidéos directement sur le blog, pour l'instant j'espère...)
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 14:42

La visite en France de M. Kadhafi a tourné au désastre pour Nicolas Sarkozy et par conséquent, puisqu’il s’agit de diplomatie, pour notre pays. Ecartons d’emblée le faux débat consistant à savoir s’il convient de commercer avec des Etats comme la Libye. Tout le monde le fait et la France n’a pas de raison d’être plus intransigeante à cet égard que l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et tant d’autres. Mais aucun de ces Etats n’a jusqu’à présent jugé opportun de dérouler le tapis rouge sous les pas du dictateur arabe, même si leurs dirigeants acceptent de le rencontrer et vont même lui rendre visite.

La terrible erreur commise par le président français a consisté à donner l’impression – sans doute fondée – que l’accueil de Kadhafi était le prix à payer pour la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Le preneur d’otages se voyait ainsi gratifié d’un formidable cadeau diplomatique par un pays qui n’était même pas directement concerné – sinon à titre humanitaire – puisque ces malheureuses personnes ne sont pas de nationalité française. Tout à sa recherche effrénée de gloire médiatique, M. Sarkozy n’a même pas aperçu le piège qui lui était tendu. Il semble qu’il ne s’en soit rendu compte qu’en voyant Kadhafi, qu’il accueillait sur le perron de l’Elysée, tendre le poing vers le ciel en signe de triomphe. Dès lors il ne restait plus à notre président et à notre pays qu’à boire le calice jusqu’à la lie, et Dieu sait si la coupe était abondamment remplie : pas moins de cinq jours de présence en France pour le Libyen !

Et notre hôte de se pavaner partout comme en pays conquis, de fulminer des jugements péremptoires sur le comportement de la France en matière de droits de l’homme (domaine où le dictateur de Tripoli a bien entendu une autorité morale incontestable), ou bien encore au sujet de la situation affreuse, selon lui, des femmes en France, de faire interdire la circulation sur les ponts de Paris afin de goûter les charmes d’une promenade en bateau sur la Seine. N’en jetons plus, la cour est pleine …

Pour Kadhafi, cet accueil royal en France est un triomphe. Pour l’opinion arabe du monde entier, il est celui qui a fait plier un grand pays occidental. Les croisés ont dû se rendre à l’évidence : ils n’ont plus d’autre choix désormais que de baiser la babouche des chefs arabes, à commencer par le plus glorieux de tous, Son Excellence Mouammar Kadhafi, ambassadeur plénipotentiaire du monde musulman. Poitiers est effacé, Charles Martel rayé de l’histoire !

Dans nos banlieues, les islamistes triomphent. Que reste-t-il du prestige du président français qui se vantait de « nettoyer la racaille au Kärcher » ? Et de quelle autorité l’élu du 6 mai dispose-t-il désormais pour réformer en profondeur et contre tous les conservatismes un pays qui l’a vu se faire rouler dans la farine par un personnage grotesque mais finalement plus intelligent que celui qui avait cru ne faire qu’une bouchée de lui ?

M. Sarkozy a tout misé sur son exposition médiatique permanente et le spectacle jamais interrompu de ses succès. Il vient de se prendre un bide - comme on dit au théâtre – dont il n’est pas certain qu’il puisse se remettre. Tant il est vrai qu’un prestidigitateur ne doit rater un tour qu’à condition de le faire exprès et pour mieux mettre en valeur le suivant. Sur la scène où il se produit, M. Sarkozy, d’un mouvement preste de la main, a fait surgir Kadhafi sous les yeux du public ébahi, puis il a lamentablement échoué à le faire disparaître. Abracadabrantesque, dirait Jacques Chirac !

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 14:53

Révolté d'avoir vu cette semaine se pavaner le dictateur Kadhafi dans mon pays. Révolté d'avoir vu le gouvernement céder à tous les caprices de ce criminel. Révolté d'avoir entendu sa leçon de morale sur les droits de l'homme quelques jours après avoir légitimé le recours au terrorisme. Révolté de voir que dans le même temps, Jean-Marie Le Pen est sous le coup d'une condamnation à de la prison avec sursis pour "complicité d'apologie de crimes de guerre" pour avoir dit "En France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés". Désolé, ô grande pensée unique, mais les propos de Kadhafi me choquent plus. Révolté de voir sans cesse l'ultra-gauche se réclamer du sanguinaire Che Guevara sans provoquer la moindre protestation. Révolté d'entendre toujours le même refrain à propos du réchauffement climatique. A quand des condamnations pour négationnisme climatique ?

En bref, révolté du non débat et de la non liberté d'opinion et d'expression.

Heureusement, le débat existe encore sur REICHMANTV et sur Internet en général comme ici par exemple.

P.S : L'hebdomadaire Valeurs Actuelles se distingue cette semaine en publiant un dossier choc sur la Sécurité sociale.

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 15:34
... puisqu'il n'en a plus besoin !

 

Et quand il parle de l'Union méditerranéenne le 11 décembre 2007 à l'Assemblée nationale, c'est pour dire :

"Nous voulons, pourquoi pas, (...) une monnaie commune, une langue, c'est peut-être un rêve, mais nous pouvons le faire."

Je me demande de quelle langue il pourrait s'agir...


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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 08:13

Malgré le matraquage politico-médiatique en faveur de l'inique système de retraite par répartition basé sur la solidarité etc... (je rappelle que la vraie solidarité est de chercher à ne pas vivre aux dépend des autres), selon un sondage CSA publié mercredi 28 novembre 2007 dans le Parisien, 40% des Français sont favorables à un système par capitalisation et ce chiffre atteint même 49% chez les jeunes de 18 à 22 ans (plus lucides car à juste titre plus inquiets...). Gageons que ces chiffres vont augmenter au fur et à mesure que la faillite se rapprochera. Là encore, que de temps perdu pour le plus grand malheur de tous... 

N.B 1  : Claude Reichman le rappelle
ici : il n'y a pas de droits acquis dans la retraite par répartition.
N.B 2 : Si vous préférez en rire, cliquez
ici.

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La question : scénario argentino-libanais ou libano-argentin dans ce contexte de guerre civile larvée ?

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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 15:04

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Essayons de faire le point de la situation en évitant de répéter tout ce qui a déjà été dit. Nous savons que la réforme des régimes spéciaux est purement symbolique puisque l’économie réalisée sera compensée par les avantages consentis par les directions des sociétés nationales. Le véritable défi se situe au niveau du financement des retraites et reste occulté par tous ceux qui prétendent sauver un système de répartition inique et en faillite.

Le conflit aurait eu un sens si le gouvernement en avait profité pour briser les corporatismes avant d’aborder les réformes fondamentales. En fait, au lieu de se comporter comme Thatcher ou Reagan, le pouvoir s’est engagé dans les pires conditions en commettant une lourde faute politique avec la hausse du salaire présidentiel. Les propos de Christine Lagarde, conseillant aux français de faire du vélo pour économiser le carburant ont résonné comme une provocation. En bref, il aurait fallu remanier le gouvernement avant l’épreuve (1).

De plus, le pouvoir n’utilise aucun des moyens dont il dispose. Face à l’échec des premières négociations, il aurait du abroger par ordonnances les monopoles de la RATP et de la SNCF, libérant ainsi l’offre de transports privés. Nous lui avions suggéré de recourir aux camionnages de l’armée pour soulager les otages. Il pourrait encore réquisitionner les grévistes et licencier les insoumis en suivant ici l’exemple de Reagan. Plus grave encore, le pouvoir prend ses distances à l’égard de la manifestation organisée par des associations libérales. Il refuse de mobiliser son propre camp pour protester contre les blocages. Perdu dans ses rêves d’ouverture, il se prive de tout soutien populaire et laisse de facto le champ libre à la subversion (2).

Il comptait certes, s’appuyer sur les directions syndicales qui participent à la noblesse au pouvoir. Entre les protestations sur les plateaux de télévision et les valises de billets en coulisse, tout était organisé pour favoriser une sortie de crise entre gens se tutoyant et partageant les mêmes fromages. Il se trouve que la base ne l’entend pas de cette oreille. Partageant notre analyse sociologique, elle n’a plus aucune confiance dans ses leaders.
Elle confirme la permanence d’une force gauchiste et révolutionnaire qui s’est toujours opposée à la démocratie depuis la Révolution française (3).

Sommes nous à la veille d’un grand chambardement comme en 1968 ? Toutes les options restent ouvertes: reprise progressive du travail ou propagation des grèves et désordres. Le rapport de forces en présence incline plutôt à prédire un pourrissement. Pour le moment, restons vigilants et remobilisons tous nos comités de base. Puisque les élus ne veulent pas bouger,
il faudra bien nous joindre à d’éventuelles manifestations associatives en cas de détérioration grave de la situation.

Gérard Pince

(1) Seule Rachida Dati tire son épingle du jeu. Ce diablotin met sur le grill toutes ces professions judiciaires que nous avons si souvent dénoncées.

(2) Les mésaventures de Valérie Pécresse, inoubliable prêtresse d’une France métissée, illustrent ces rêveries. Elle s’est fait roulée dans la farine par le président de l’UNEF.

(3) Se reporter sur ce sujet à notre article prémonitoire sur l’irrésistible fragilité du pouvoir.

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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 09:03
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Le déficit annoncé de la Sécurité sociale s’établit à 21 milliards d’euros pour 2007 et 2008. Mais sur sa lancée actuelle, il atteindra probablement 30 milliards d’euros à la fin de 2008. Le gouvernement doit donc trouver d’urgence cette énorme somme soit en augmentant les recettes, soit en diminuant les prestations, soit en combinant ces deux méthodes. Or il ne peut afficher pour l’instant que des recettes supplémentaires de 850 millions d’euros, provenant de l’application de franchises aux remboursements de médicaments, et de 300 millions d’euros issus de la taxation des stocks-options. De plus les 850 millions des franchises ne sont pas destinés au trou de la Sécu mais à la maladie d’Alzheimer. Si bien que face aux 30 milliards de déficit, il n’y a que 300 millions de recettes, soit 1 % de ce qu’il faudrait pour ramener la Sécurité sociale à l’équilibre. A moins d’un plan de rigueur d’une ampleur exceptionnelle, force est de constater que l’institution que-le-monde-entier-nous-envie va se trouver en faillite.

En matière de recettes, le gouvernement pouvait envisager d’appliquer une TVA sociale. Il y a renoncé en raison des effets déprimants que celle-ci aurait sur la consommation, qui est le seul moteur de la maigre croissance française. Il ne lui restait donc plus que la CSG. Il vient d’y renoncer également par la voix de M. Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes publics, qui a déclaré, lors d’un colloque tenu le 14 novembre 2007, qu’il n’avait pas « l’intention d’augmenter la CSG », ajoutant que « ce serait tellement facile de céder à la tentation et de remiser à plus tard les réformes de fond » et qu’en outre « ce serait surtout contradictoire par rapport à notre politique fondée sur la recherche de croissance et nous ne voulons pas de ça ».

Le gouvernement s’apprête donc à constater prochainement la faillite de la Sécurité sociale et l’impossibilité de la sauver dans sa forme actuelle. Cela va se traduire par la fin de son monopole et la possibilité pour les Français de s’assurer librement auprès d’une société privée, une mutuelle ou une institution de prévoyance, française ou européenne, conformément aux directives communautaires de 1992 intégralement transposées dans le droit français. Les personnes ne pouvant s’assurer ainsi bénéficieront de mesures de solidarité dont la nature n’est pas encore définie mais qui devraient, dans l’idéal, consister en des aides financières à l’acquisition d’une assurance auprès de l’organisme de son choix.

Cette réforme aurait dû voir le jour le 1er juillet 1994, selon les engagements de la France envers l’Union européenne. Le manque de courage des gouvernements successifs l’a retardée de plus de treize ans, pendant lesquels le poids des charges sociales a ruiné l’économie de notre pays et a amené celui-ci au bord du gouffre. Il n’aura pas fallu moins que la faillite de la Sécurité sociale pour que ces mesures soient enfin mises en œuvre.

Une nouvelle ère va s’ouvrir. La France peut enfin entrevoir son entrée dans le monde moderne. Il va cependant falloir s’attacher à faire reculer la société d’assistance qui risque fort, au rythme où elle se développe en France au profit de "toute la misère du monde", comme le disait Michel Rocard, de ruiner, par les dépenses publiques démesurées qu’elle entraîne, toutes les chances de notre pays de reprendre sa place dans le concert des nations qui réussissent.

Autrement dit, la mobilisation doit rester entière. Il faudra, là aussi, affronter le politiquement correct et la cohorte des Tartuffe qui versent des larmes de crocodile sur les pauvres tout en veillant à s’enrichir eux-mêmes avec impudence. C’est quand elle se sera dégagée des idées fausses et folles qui lui ont fait tant de mal depuis des décennies que la France pourra se sentir enfin en confiance face à un avenir qui requiert toute son énergie pour affronter la concurrence mondiale. Dans cette perspective, la faillite de la Sécurité sociale était une étape obligée.

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 18:33
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 21:38
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A l’occasion de la révolte des marins pêcheurs, Nicolas Sarkozy a fait la démonstration qu’il n’a aucune autre marge de manœuvre que la réforme de la protection sociale. Qu’a-t-il promis aux travailleurs de la mer ? Une exonération totale des charges patronales et salariales pour une durée de six mois, reconductible si le pétrole continue à monter. C’est reconnaître avec éclat la responsabilité de la Sécurité sociale dans la perte de compétitivité des entreprises et dans le bas niveau des salaires, donc dans l’affaissement du pouvoir d’achat. Certes il est prévu des aménagements visant à compenser l’augmentation du prix du carburant, mais ils ne prendront éventuellement effet que plus tard, et rien ne dit d’ailleurs qu’ils puissent s’accorder avec les règles européennes qui interdisent tout ce qui peut s’assimiler à une aide d’Etat. En fait, pour le président de la République, il y avait le feu et il n’a pu l’éteindre en toute hâte qu’en taillant en pièces les charges sociales des intéressés.

Au départ, M. Sarkozy et ses conseillers ne voulaient accorder qu’une exonération des charges patronales. Mais les délégués des marins pêcheurs se sont récriés :
"
Cela ne suffira pas : il faut aussi exonérer les charges salariales pour que les gars voient un effet sur leurs payes." (Le Parisien du 7/11/07). Après avoir consulté deux conseillers, le président a donné son accord.

Ce n’est pas la première fois que des exonérations de cotisations sociales viennent au secours de secteurs en détresse. Mais cette fois-ci, la démonstration a été faite "dans sa pureté de cristal ", comme aimait à le dire Raymond Barre. Le pouvoir vient de reconnaître que faute de réformer de fond en comble la protection sociale des Français, il va précipiter la faillite économique de notre pays et le cortège de malheurs qui l’accompagnera.

Il se trouve que cette réforme est votée depuis le 19 avril 2001 et qu’il suffit d’une déclaration gouvernementale pour que ces lois soient appliquées. Cela va se traduire par de substantielles économies pour les assurés sociaux, qui pourront contracter une assurance auprès d’une société privée, d’une mutuelle ou d’une institution de prévoyance dans des conditions beaucoup plus avantageuses qu’auprès de la Sécurité sociale. Les Français verront leurs revenus augmenter, ils pourront consommer et investir, et l’économie retrouvera un dynamisme après lequel elle court depuis des décennies. Quant aux personnes démunies, elles verront s’exercer à leur profit - par voie fiscale - cette fameuse solidarité dont on nous rebat les oreilles et qui a eu jusqu’à présent - dans sa version collectiviste, qui est de règle chez nous - comme unique résultat la stagnation économique et l’installation de la misère dans un pays fondamentalement riche !

Bien entendu, il va être plus que gênant pour les politiciens français d’avouer qu’ils ont perdu - et nous ont fait perdre - tant d’années dans la mise en oeuvre de cette réforme. Mais ils sont tous impliqués dans cette scandaleuse carence. Et au cas où certains voudraient tirer par démagogie leur épingle du jeu, nous tenons à la disposition de Nicolas Sarkozy le compte bien tenu et parfaitement ordonnancé des refus d’agir, des mensonges et des non-dits commis par les uns et les autres - y compris par lui-même - et démontrant que pas un seul homme politique, pas un seul parti, ne peut se prévaloir de la moindre innocence en la matière. Ce n’est donc pas entre eux qu’ils auront un problème. Mais avec le peuple. Et cela, comme disait Kipling, « c’est une autre histoire ».

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

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